Après une journée d’audit intense, les démangeaisons que je ressens depuis quelques temps sur le torse deviennent vraiment gênantes. Ce n’est sans doute pas une allergie aux oreillers d’Air France non plus qu’une piqûre d’insecte. J’en m’en ouvre à un des managers de la filiale, Carla, qui décide de m’accompagner à l’hôpital. Et pas n’importe lequel : l’hôpital Einstein. « best in Sao Paulo, best in Latin America even », me dit-on. Et c’est sans doute vrai ! Connaissez-vous en France un hôpital avec voiturier, personnel aimable, files d’attente efficaces à base de tickets, médecins anglophones et un Starbucks énorme au milieu d’un des nombreux halls ? Même l’hôpital du Dr House pâlirait en comparaison.
Le docteur Ivan, tout droit sorti d’un épisode de « Urgences », m’explique donc en bon anglais que j’ai un « herpès zoster », qui n’est autre qu’une réactivation du bon vieux virus de la varicelle que j’ai gardé depuis l’âge de cinq ans dans mes ganglions. En français, un zona ! La saloperie virale s’est développée le long de deux nerfs qui partent de mon épaule droite, un contrecoup des six vaccins que j’ai encaissés avant de partir. On est mardi, les premiers symptômes sont apparus vendredi dernier et le docteur Ivan s’étonne de ce que je ne souffre pas le martyre. Je m’en tire avec une énorme piqûre, une perfusion pendant trente minutes et une ordonnance de cheval à 200 euros. Le montant de la facture de l’hôpital me reste inconnu. L’affaire serait pliée en deux heures et demie si le médecin n’avait pas enjoint à Carla d’acheter immédiatement les médicaments, sans attendre le lendemain. Par bonheur, les pharmacies ouvertes à 21 heures en banlieue chic ne manquent pas. Et je découvre qu’on peut négocier le prix qu’on y paye ! Je découvre aussi que les pharmacies peuvent porter à l’hôtel les boîtes de pilules qui leur manquent sur le moment. Je m’en étonne auprès de Carla qui me répond : « il faut savoir s’ils veulent gagner un client ou pas ». Elle m’obtient un rabais de 17% et la livraison de trois boîtes manquantes au Novotel le lendemain. Que c’est bon, d’être malade au Brésil quand on est riche ! L’hôpital public, est, parait-il, une toute autre affaire.
L’action conjuguée de la grosse piquouze, de l’anti inflammatoire et du chlorhydrate de valaciclovir fera effectivement partir le zona en moins de dix jours, au prix d’une grosse fatigue qui, avec l’air conditionné, me laissera patraque et tousseux durant toute la mission. Mais quoi, il paraît que le zona est une chose très douloureuse et je suis content de n’en avoir pas senti grand-chose. Ca vaut bien 200 euros, et une énorme boîte de chocolats pour Carla, qui en raffole.
Samedi, je pars pour Rio.
Un Starbucks à l'hosto ?
Enorme !
Posted by: Zabou | March 05, 2009 at 03:20 PM