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Pour ceux qui ne sauraient pas quoi aller voir au cinéma (puisque la grève du RER vous empêche de faire les courses), et qui hésitent entre "Paranormal Activity" et "Max et les maximonstres", ce blog, toujours en avance sur son temps même quand c'est à reculons, vous facilite le choix:
De rien.
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Now playing : John Zorn, "Femina".
- la guerre d'Alan. Aucune idée de ce que cela peut être; mais il y a du Guibert dedans. Je lis d'abord, j'en parlerai ensuite.
- la BD érotico-vaticano de
- un nouveau Servais, "Orval". Toujours aussi bien dessiné, et dirait-on que le scénario se tient un peu? Le style de Servais n'a pratiquement pas changé depuis ses premiers contes ardennais dans "Tintin", il y a bien longtemps ("la Tchalette" et autres).
Rhâââ, je repense à "Isabelle", du même auteur, dans le même périodique. Mes premiers émois, ça et les deux guerrières préhistoriques en cuissardes Ilcha et Ulcha (je n'invente rien) dans un des "Tounga" de Aidans, une BD qui ne marqua pas son époque, pour être très franc. Notons en passant que Wikipedia et quelques autres sites de BD ne semblent pas savoir qu'une ultime aventure de Tounga le Ghmour (là encore, je l'invente rien) date de 1985 ou 86, toujours dans "tintin".
Ci-dessus : est-ce Ilcha ou Ulcha à droite? Peu importe. Woooof.
Dans le genre "premiers émois" en BD, il faut bien avouer que ce vecteur de perdition m'a mis en contact à la même époque avec l' "amour propre" de Martin Veyron, autrement plus gratiné et que l'on redécouvre aujourd'hui. A la différence que Servais, j'allais l'acheter chez mon marchand de journaux, alors que Veyron se trouvait dans la bibliothèque du quartier où je prenais des cours de musique. Les parents ne sont jamais assez prudents : en attendant mon tour de souffler dans la clarinette, j'avais le droit de lire ce qui s'y trouvait et c'est ainsi qu'à douze ans, je me suis retrouvé devant une scène de 69 assez torride. "Le premier qui jouit a perdu", ah ouais, plus un gros plan sur la tête de la dame et son entourage immédiat, en train de se dire "ah le salaud! il doit encore penser à ses impôts!". C'est dans cette même bibliothèque bénie que se trouvaient quelques Druillet seventissimes, dont un au moins ne sera sans doute jamais réédité au vu de ce qu'il contient!
Ci-dessus : absence d'illustration extraite de "l'amour propre". Des enfants nous lisent peut-être.
Restons sur le cul et revenons sur
- le tome second de "Berlin, la cité des pierres". Sans doute très bon à en juger par le tome précédent.
- des rééditions de Chabouté. Chabouté, c'est ce superbe dessin hirsute avec des aplats noirs à l'encre de Chine, comme Didier Comès. Sauf que les scénarios de Comès, il faut se les fader. "Je m'appel Silence é je sui genti", pitié!
Ci-dessous : du Comès sans le noir, sans les fotes d'ortograf et sans les Ardennes. Eh oui!
- l'intégrale en un volume noir et blanc des "Scorpions du Désert" de Pratt. Yeah, baby! Dire qu'il fut une époque où Tintin publiait dans ses pages "un fortin en Dancalie"!
- un début d'intégrale Jonathan, par le sublime Cosey. Les tomes 1 à 3 sont là, dessin encore un peu grossier, ambiance super-baba, et des plans emblématiques du style Tintin de l'époque, que n'auraient pas renié Derib, Franz ou, plus tard, Weyland. Souvenez-vous de la sorcière échevelée dans son trou d'aiguille, dans "et la montagne chantera pour toi". Jonathan est cet occidental amnésique qui recherche son passé dans l'Himalaya (en moto, ce n'était pas encore l'époque de l'empreinte carbone).
Ci-dessus : j'avais un chef louveteau comme lui
- la Genèse, de Crumb. Bon, à part être adulé par les bobos qui en font l'égal d'Hergé, qu'est-ce qu'il a, Crumb? Ici, deux cent pages d'adaptation biblique, qui génèrent que ce font toutes les adaptations bibliques en BD : un profond ennui. La Bible "marche" quand elle est lue. A la rigueur, illustrée. Mais transcrite en BD, c'est un peu comme si on lisait les Niebelungen chez Soleil, si vous voyez ce que je veux dire.
- une "histoire populaire de l'amérique". C'est un
peu prévisible : une BD à thème, où la moitié des cases est prise par des
personnages qui énoncent le message, face à
- une BD sur les malgré-nous, thème cher à mon père. Cela s'appelle "ElsaB", à une époque où les allemands ont abandonné le s-z depuis 15 ans. Enfin bref, c'est le bon temps des colonies - c'est à dire paradoxalement quand l'Alsace n'était pas occupée par les Français ;-). Etant d'origine alsacienne (et un peu lorraine-occupée aussi), je vous ferai part de mes questionnements identitaires une autre fois. J'ai bien rigolé néanmoins en entendant Daniel Morin à la radio ce matin parler du pays où coulent des rivières de bière fraîche et où poussent des arbres à saucisses.
Ci-dessus : de quoi avoir envie de devenir "malgré-nous" plus facilement qu'en lisant "Elsass".
- Coraline. Ce n'est pas une BD mais le film d'animation d'il y a quelques mois. Très bonne surprise, très bon film. 4/5
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Ci-dessus : "the nazis", par Uklanski, Tate Modern, exposition "pop life". Ca plaira bien à un lecteur ou deux...
Ci-dessus : Maurizio Cattelan, ou la provoc' institutionnalisée. Belle bête, toutefois. (Le péquin dans le fond ne fait pas partie de l'oeuvre)
Samedi, une journée comme les autres à Londres.
Lever à 10 heures ;-)
Direction "the London Eye" où, grâce à un "fast track ticket" exorbitant, je peux monter dans la roue devant tout le monde, c'est à dire vers 11 h
Un peu de temps récupéré, donc, pour aller voir l'exposition Ed Ruscha à
12h30 : déjeuner chez Nobu (Park Lane, il y en a deux à Londres maintenant). Une tuerie, comme d'habitude et EUX, au moins, ils ont des sushi d'ormeau. La bestiole m'avait échappée à Jersey, ce coup-ci c’est fait, je suis le premier Achlaw à manger de l’ormeau.
Vers 15 heures, direction Hampstead Heath pour une promenade digestive. Mais il se met à pleuvoir dès que je sors du métro ; la perspective de finir la journée égaré et mouillé me fait battre en retraite et je saute dans un bus. Egaré ? Oui, car Hampstead Heath est une lande ensorcelée où je rentre toujours par la même porte et muni d’un plan, sachant que, même avec la meilleure volonté du monde, le chemin diverge des chemins précédents. Une fois la dernière pente dévalée, il faut ouvrir le plan, repérer la gare la plus proche, et tenter de rentrer (bon courage pour faire cela vitement lorsque vous échouez à Gospel Oak).
Egarement dans le bus encore, j’en prends un dans l’autre sens, me retrouve à Finchley. Vite, le métro. Plan B :
Direction Brick Lane et le magasin Rough Trade où je trouve un Penguin Café Orchestra, le troisième Throbbing Gristle (celui qui commence par une cassette de données lue sur un magnétophone, le titre s’appelle « IBM ») et « Opus Dei » de Laibach, qui n’est pas un disque de chansons pieuses. Brick Lane, dans sa première partie, est un vivarium de restaurants indiens ; puis devient un temple bobo-arty dans sa deuxième partie ; mais les guides touristiques n’ont pas encore tous trouvé l’endroit.
Errance pour dîner, à Spitalfields (rien ne me plaît) puis vers Leicester Square (trop de monde). Il est 20 heures, j’oblique vers
Expo « Pop life » sur quelques maîtres du pop art et assimilés. Il y a du très bon (Maurizio Cattelan et son « ave maria » !), du bon (un japonais kawai du nom de Murakami, ou quelque chose d’approchant), du culte (Cosey Fanni Tutti, voilà pour faire le lien avec les disques de tout à l’heure), du sans doute très bon (Jeff Koons, oui, j’assume), de l’éculé (Keith Haring ; bon OK, le mec a décoré un autel dans la cathédrale épiscopalienne de New York, on célèbre son office au commun des victimes du SIDA, mais est-ce qu’il ne serait pas temps de nous lâcher la grappe avec lui ?) et, hélas, du Warhol. A vouloir lui rendre justice, l’exposition ne manifeste que ce qui saute aux yeux : c’est terriblement daté, et pas très consistant. Roy Lichetenstein, à peine représenté, supporte bien mieux les outrages du temps.
Pour Koons, comme je disais, j’assume. Le gars a un génie bien à lui pour trouver et fabriquer des objets qui constituent son « style ». Ce n’est pas qu’un faiseur, même s’il pose ainsi. En fait, on dirait du Pierre et Gilles, le mauvais goût assumé et l’étiquette du prix en plus. J’ai appris aussi qu’il était marié à la Cicciolina, qu’il fait figurer dans quelques tableaux qui sont de beaux attentats à la pudeur et qu’on nous montre beaucoup moins à la télé que son fameux homard à Versailles.
Visite au pas de course du reste de
Retour à l’hôtel où le resto ne sert déjà plus. Bloody rosbifs ! C’est donc un room-service infâme, un épisode de Lost et au lit. P****n, que j’ai mal aux pieds !
Dimanche, grasse matinée et lever à midi. On va pas se faire du mal.
Retour au South Bank pour me procurer le catalogue de l’expo Ruscha et un superbe bouquin de superbes photos d’Ansel Adams. Déjeuner sur place, un bon « stew » de poulet postmoderne (avec citronnelle et raita) et un cake à la betterave.
Marche avec mes dix kilos de bouqins jusqu’à Trafalgar Square où je vais voir, à l’English National Opera, une version mise en scène du Messie de Haendel. C’est pas mal, il y a plein de jolies images sur une partition qui s’en passe bien, et des bons moments où le chœur et ensemble et où les solistes réussissent leurs vocalises (and he shall purify-y-y-y-y-y). Le « Hallelujah » est un grand moment anglais… mais à peine 5% de la salle se met debout ! Tout fout le camp et l’étranger que je suis saute sur ses pieds encore endoloris d’hier pour faire honneur à la tradition, dans un grand élan de spiritualité griciglianoïde, qui dit que « ce n’est pas parce que ça ne se fait plus qu’il ne faut plus le faire ». Ou était-ce Robert Dreyfus dans les publicités des tartes Marie ? Je ne sais plus trop.
A part ça, représentation honnête, donc. Deborah Warner, metteuse en scène, avait fait subir le même traitement à Bach quelques années plus tôt ; et Lawrence Cummings est un chef tout à fait bon. La nativité est représentée sous la forme d’un spectacle de fin d’année (avec des gamins qui font les moutons !) ; le texte original du ténor a été enrighi d’un « Pschittt ! » que n’avait pas prévu Haendel. Lors du « unto us a child is born », une parturiente se lève de son lit et « danse la vie », comme dit une bloggeuse que j’apprécie. Bref, pas vraiment besoin, mais pas mal non plus. Très design, unité des couleurs. De beaux instruments de la passion tout dorés.
Six heures ; une demi-heure d’errance parmi les foules crétines sur Oxford Street, puis retour à l’hôtel par le chemin des écoliers. Un gros steak pour se remonter le moral : demain, c’est boulot puis retour dans le Wiltshire…
Now playing : Arvo Pärt, « tabula rasa »
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